Voici la déclaration liminaire lue par les camarades représentant l'ensemble des SUD éducation de l'académie (85-72-53-49-44) lors de la récente CAPA.
Si besoin, précision pour les acronymes :
CAPA : Commission Administrative Paritaire Académique
PPCR : Parcours Professionnels, Carrières, Rémunérations
CCP : Commission Consultative Paritaire
AED : Assistant·e d'Éducation
AESH : Assistant·e d'Élèves en Situation de Handicap
ICES : Institut Catholique d'Études Supérieures (en Vendée)
EVARS : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle, et à la Sexualité
"Madame la Rectrice de l'Académie de Nantes, Mesdames, Messieurs les
commissaires paritaires nous sommes réunis ce vendredi 14 mars 2025 en CAPA
ordinaire pour les recours PPCR et nous pouvons nous exprimer enfin par cette
première déclaration liminaire de l'année scolaire en CAPA.
Lors des instances disciplinaires précédentes nous ne pouvions avoir une
expression syndicale en prise avec le ressenti des personnels représentatifs, malgré
notre demande, ce qui est bien dommageable. Suite à votre proposition de courrier,
nous vous avions collectivement alerté sur les difficultés rencontrées par nos
camarades qui siègent en CCP AED-AESH pour exercer leurs mandats. Sauf erreur
de notre part nous n'avons pas eu de retour suite à notre envoi par courriel. Nous
nous étonnons de cette absence de réponse, peu favorable au dialogue social.
Permettez-nous maintenant, de revenir aujourd'hui sur la journée passée du 8 mars
2025, journée internationale des droits des femmes. Cette journée a été entachée, à
la Roche-sur-Yon en Vendée par une action réactionnaire et calomnieuse devant la
porte du Planning familial 85 par un groupuscule de jeunes de l'Action française.
Rappelons ici, que les plannings familiaux 44, 49, 72, 85 interviennent dans les
établissements primaires et secondaires de la Région Pays de la Loire pour mettre
en œuvre l'éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. Les
professionnel.le.s salarié.es par les plannings sont des acteurs, actrices clés, elles,
ils sont reconnu.e.s par l’Éducation nationale. Nous ne pouvons aujourd'hui qu'être
inquiets par les tentatives d'intimidation concernant le droit des femmes à disposer
de leurs corps. Ces droits sont remis en cause par des étudiant.e.s d'établissements
privés, par ailleurs largement financés par nos collectivités locales dont la région
Pays de La Loire. Nous pouvons citer l'ICES où sont, où ont été scolarisés une
partie de ces jeunes gens. L'inquiétude se transforme en indignation quand cette
même région Pays de Loire dans son budget 2025 supprime les subventions à ces
mêmes plannings familiaux et à d'autres associations venant en aide aux femmes.
Les décisions budgétaires adoptées et revendiquées par la Présidente de Région,
Mme Morançais portent ainsi atteinte gravement aux droits des femmes sur notre
territoire. Nous dénonçons cet état de fait. Avec quels partenaires Mme la Rectrice
allons-nous mettre en œuvre le programme d'EVARS publié en Février 2025 à
raison de trois séances par an conformément à la loi en vigueur depuis 2001. Les
intervenant.e.s du planning sont formé.e.s pour intervenir auprès des élèves
d'ailleurs plus enclins à échanger avec elles, eux, qu'avec des membres de la
collectivité éducative et ce pour plus de confidentialité.
Pour le sujet qui nous regarde aujourd'hui nous nous étonnons du choix dans
l'affichage des pourcentages genrés pour l'appréciation finale et en particulier de
l'item excellent permettant la promotion. En effet, les pourcentages sont calculés sur
les items accordés au total entre les hommes et les femmes pour chaque échelon et
non sur l'effectif total de femmes, d'hommes susceptibles d' obtenir ou non cet item.
Pour exemple, pour les agrégés les pourcentages présentés tout échelon confondu
laissent apparaître un ratio favorable aux femmes alors qu'il n'en est rien, en réalité
sur l'effectif concerné 69 % des hommes obtiennent l'item excellent contre 63% pour
les femmes soit un écart de 6 points. Cette manière de présenter les résultats des
rendez-vous de carrière nous apparaît fort trompeur et dommageable pour la lutte
pour l'égalité salariale. Nous pointerons au cours de cette CAPA ce que ces choix
d'affichage induisent comme message. L'inégalité des salaires entre les femmes et
les hommes est conséquente du déroulé de carrière mais pas seulement car nous
savons toutes, tous ici que ce sont bien les enseignants et non les enseignantes qui
prennent largement des missions supplémentaires rémunératrices aggravant ainsi
les écarts de salaire. Il serait d'ailleurs intéressant d'avoir des tableaux recensant
ces écarts. Nous vous demandons donc Mme la Rectrice pour les CAPA PPCR
futures de mettre en avant des pourcentages de l'ITEM obtenu sur l'effectif total des
personnels concernés.
Nous nous réunissons pour expertiser des recours suite aux rendez-vous de
carrière. SUD éducation dénonce le leurre d’une revalorisation salariale espérée par
toutes et tous. Le PPCR, via les rendez-vous de carrière, divise les personnels par
leur mise en concurrence, alors que nous exerçons toutes et tous le même métier
dans des conditions de plus en plus difficiles. Il renforce le pouvoir de la hiérarchie
car une évolution de carrière plus rapide repose sur l’avis des inspecteurs,
inspectrices et des chef-fes d’établissement, introduisant de facto un arbitraire
hiérarchique. Il accentue les discriminations hommes-femmes car il favorise ceux qui
peuvent accroître leur charge de travail par des missions supplémentaires.
Enseigner ne suffit plus. Ce type d’évaluation introduit des critères qui correspondent
aux méthodes de gestion libérales dont nous pensons qu’elles n’ont rien à faire dans
le service public ; ce système cherche en effet à pallier l’absence de revalorisation
salariale, notamment en fin de carrière, par un avancement au mérite. Nous nous
interrogeons également sur le fait que des personnels malgré le refus de leurs
recours gracieux ne saisissent pas la CAPA (1 pour les agrégés, 7 pour les certifiés
1 pour les CPE, 1 pour EPS) et que sur les recours à expertiser nous comptons 4
hommes et trois femmes. Pourrions-nous avoir également une statistique genrée
pour les recours gracieux ? La procédure de recours apparaît complexe voire
kafkaïenne pour de nombreux personnels ou semble tout simplement inutile à leurs
yeux du fait du nombre restreint de promotions in fine.
C'est pourquoi, SUD éducation revendique l’égalité salariale et une augmentation
générale des salaires – sans contrepartie –, ainsi qu’une évaluation entre pairs et
purement formative, déconnectée de l’évolution des rémunérations. Plutôt qu’une
mise en concurrence des collègues et des disciplines, l’inclusion dans le temps de
service des concertations et des échanges pédagogiques favoriserait la coopération
et l’amélioration du service public d’éducation."